Pourvu qu’il ne nous arrive rien
                                           ou la célébration du minimal baroque


« Etant donné une antilope…   
                                                                                             …alors, nous pouvons dire
que :      


C’est sous le registre du Fake, de la glorification du faux, des faux-semblants et des vrais
mensonges, que s’inscrit le travail de Binôme Lambda, union du minimal et du baroque.
Constatant de fait, la double résurgence d’une esthétique à la fois :
- minimale, dans une époque qui s’est depuis trop longtemps déjà noyée dans son désir
obsessionnel de consommation et qui en aurait perdu alors tout discours sur ses idées
immédiatement réachalandées par quelques certitudes cathodiques, voir plasmatiques de
nos salles à goinfrer ;
- mais aussi baroque, le baroque qui, comme dans tous temps de crise vient par sa beauté
irrégulière, sa surcharge, s’ajouter à cette esthétique du moins et en compliquer l’équa-
tion.
Ainsi, par induction des phénomènes observés nous pouvons alors dire que la concomi-
tance de ces deux esthétiques en fait naître une troisième plus complexe, plus jubilatoire,
d’une beauté cynique, jusqu’à tendre vers la perversion plastique lorsqu’on se surprend
à éprouver un réel plaisir de voir comment la fascination du moins, voir du moins bien en
devient démesurément saisissante lorsque troublée par la surmatérialisation du faux.
En conséquence de quoi, face à la multiplication quasi-quotidienne de ces manifestations de
l’absurde, face à cet hypnotique appauvrissement discurcif généralisé, nous revendiquons
pour l’instant, le droit d’en sourire.

Quod est absurdum.

                                                                                              Binôme Lambda, sept 2012.